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Projet

par chs - publié le

Projet scientifique pour la période 2014-2018

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1. Présentation de l’unité

a) Historique

Le Centre d’histoire sociale du XXe siècle est issu du Centre d’histoire du syndicalisme fondé en 1966 par Jean Maitron, avec le soutien d’Ernest Labrousse. Les étapes de son évolution ayant été retracées dans le bilan, nous n’y reviendrons pas autrement que pour souligner comment le renouvellement des problématiques attachées à ses premiers terrains d’investigation s’est accompagné d’une extension de son domaine de compétences vers l’histoire sociale du politique, des représentations, des migrations, des conflits et des guerres, de l’action publique, de la ville contemporaine. Unité mixte de recherche, le CHS participe, en outre, à la formation à la recherche par la recherche des étudiants de master et de dizaines de doctorants. Il est également un centre d’archives et de documentation, activité essentielle qui concourt à son rayonnement extérieur.

b) Caractérisation de la recherche

L’histoire pratiquée dans le cadre du CHS a pour caractéristique, depuis l’origine, d’être une histoire d’intervention. À ce titre, elle est attentive aux enjeux politiques et sociaux contemporains dont elle s’applique à retracer la genèse, à saisir le rôle et le point de vue des acteurs - citoyens et collectifs de divers ordres -, qu’elle s’efforce d’identifier et avec lesquels nous entretenons de fructueuses relations de coopération dans le respect absolu des spécificités de chacun. L’expérience acquise en la matière n’a jamais conduit nos chercheurs à en rabattre quant aux exigences méthodologiques et d’érudition ou à leur indépendance interprétative qui fondent la qualité de leurs travaux. Ce que confirment le volume et la valeur de la production scientifique et pédagogique présentée dans le bilan de l’unité.

Sur ces bases, le CHS développe des partenariats de longue durée avec des organisations syndicales (CGT, CFDT, CGT-FO, FSU, UNSA), des collectivités territoriales, des institutions de l’aménagement urbain (à l’exemple de Plaine Commune Habitat ou du Syndicat d’assainissement de la région parisienne) ou des organismes publics et parapublics (institutions de recherche et comités d’histoire de plusieurs ministères, Caisse des Dépôts et Consignations). Ces partenaires, sollicités pour le soutien d’initiatives scientifiques (colloques, journées d’études, ouvrages, expositions, réalisations audiovisuelles), participent aussi à la conception de programmes d’études comme à la constitution et à la valorisation de corpus.

Le souci d’une histoire présente dans la cité se traduit, de longue date, par l’attention particulière apportée aux actions de diffusion et de valorisation des résultats de la recherche selon des modalités qui n’ont cessé de se diversifier, depuis l’édition de dictionnaires biographiques, le recours précoce aux ressources de l’outil informatique (cd-rom, puis site web, jusqu’aux productions de vidéos). Ces préoccupations demeurent prioritaires au même titre, sur un registre non moins essentiel de notre activité, que l’imbrication de la recherche et de l’enseignement par l’implication du CHS, membres et ressources documentaires confondus, dans la formation des étudiants de master et des doctorants.

L’ouverture sur les enjeux du présent a orienté de nombreux travaux vers le second vingtième siècle. Sur cette base, l’unité a accueilli et accueille des spécialistes d’autres sciences sociales (ethnologues, politistes et sociologues) et encourage les collaborations avec des spécialistes champs disciplinaires (géographes, juristes, anthropologues) ce qui lui confère une longue habitude de la transdisciplinarité. Le programme Equipex Matrice, dont le laboratoire est porteur, élargit désormais ces coopérations à d’autres domaines, notamment les mathématiques, la psychologie et les neurosciences. c) Organigramme fonctionnel, règlement intérieur

Si les acquis scientifiques de l’UMR éclairent certains des terrains et objets privilégiés du CHS, les dynamiques inhérentes aux recrutements et aux évolutions historiographiques expliquent le choix d’une organisation interne propice à l’émergence de nouvelles recherches. Ainsi l’unité est-elle structurée en pôles qui, placés sous la responsabilité d’un coordinateur, recouvrent des thématiques larges et modulables, compatibles avec l’option commune d’histoire sociale. Points d’appui favorables à l’élaboration de projets collectifs cohérents, aux échanges intellectuels et à la visibilité des travaux menés, ces pôles ne procèdent d’aucune répartition intangible des chercheurs qui peuvent appartenir à plusieurs d’entre eux, cependant que la politique scientifique du laboratoire tient la transversalité pour l’une de ses priorités. Chaque pôle bénéficie d’une enveloppe budgétaire modeste (1 000 euros en 2012) destinée à permettre le financement d’une manifestation en mesure de valoriser ses productions et/ou des missions.

En prévision des futurs départs en retraite et au regard des proximités thématiques d’ores et déjà perceptibles, les quatre pôles actuels – histoire du travail et des mouvements sociaux, histoire de l’État et des politiques publiques, histoire sociale du culturel, histoire urbaine - seront ramenés à trois lors du quinquennat 2014-2018 : histoire sociale du politique, histoire sociale du culturel, histoire urbaine. Cette structuration thématique se double d’une organisation fonctionnelle conforme au règlement intérieur adopté en janvier 2011, dont le contenu et les modalités d’application sont détaillés dans le bilan de l’unité.

2. Analyse SWOT et objectifs scientifiques

a. Contexte

Trois ordres de transformation définissent le contexte dans lequel l’unité opérera au cours du prochain quinquennal. Le premier tient à l’évolution des institutions au sein desquelles intervient le CHS, en particulier l’université Paris 1, partie prenante du PRES Hésam et acteur majeur de la réalisation du campus Condorcet. L’installation du laboratoire à Aubervilliers à une date qui, pour n’être pas encore définitivement arrêtée, coïncidera avec la fin du prochain contrat, dessine des perspectives nouvelles en termes de locaux, d’équipement et de mutualisation documentaire, de conditions de travail et d’accueil. La reconfiguration du voisinage de l’unité qui en résultera, instaurera une logique de site inédite que nous souhaitons anticiper dans la continuité de la réflexion déjà engagée au sein de l’unité et de Paris 1, comme avec la Fondation Condorcet et plusieurs des laboratoires appelés à rejoindre le nouveau campus.

La seconde évolution de l’environnement du CHS découle de la montée en puissance des dispositifs nouveaux que sont les Idex, les Labex et les Equipex, liste à laquelle on peut adjoindre les DIM et les structures de type GIS, dans lesquels le laboratoire est engagé. Cela vaut pour l’Equipex MATRICE, le Labex Dynamite, le DIM-Gestes (Travail et souffrance au travail) ou le GIS Histoire et mémoire des migrations au montage desquels le CHS a été associé, quand il n’était pas à leur initiative. La pluridisciplinarité et la transdisciplinarité attendues constituent une opportunité dont nous nous sommes d’autant plus volontiers saisis que les collaborations et les thèmes retenus vont au-devant, en les élargissant singulièrement, d’orientations fondamentales du CHS, auxquelles elle offre les conditions scientifiques et matérielles de leur mise en œuvre. Ceci posé, qui est essentiel, les modalités de fonctionnement de ces dispositifs, au même titre que leurs effets sur la gouvernance de l’UMR, réclament une attention soutenue. Ainsi convient-il de veiller à ce que l’inégale association des chercheurs du laboratoire aux différentes spécialisations thématiques de ces programmes ne produise pas des disparités préjudiciables à la cohésion de l’unité, problème déjà soulevé par la prééminence des financements sur projets. Le montage et le suivi de programmes en relation avec ces nouvelles institutions et organismes ajoutent, en outre, aux tâches de pilotage et de représentation tant des collègues impliqués que du CHS en charge, parfois, de leur gestion, de l’hébergement ou de l’accueil d’événements ou de chercheurs (étrangers invités ou chercheurs en délégation). La cartographie des relations de l’unité s’en trouve, par ailleurs, affectée. Ainsi certains de nos partenaires traditionnels relèvent-ils d’autres regroupements quand nous-mêmes devenons associés d’institutions ou d’unités avec lesquelles nous n’avions jusque-là que peu de liens. Ces recompositions académiques accompagnent, en troisième lieu, des mutations historiographiques qui, à l’échelle internationale, concourent au développement et à la forte visibilité de travaux dont les objets s’émancipent de l’échelle nationale (histoire globale, comparée, croisée, connectée) et/ou lient instrumentation numérique et réflexion méthodologique et épistémologique. Le fait est flagrant en histoire sociale (aux États-Unis, le Roy Rosenzweig Center for History and New Media émane ainsi d’un centre d’histoire sociale). Contemporain d’une forte demande sociale, le renouvellement de ses thématiques et approches concerne plus particulièrement les questions des relations des classes populaires au politique dans les démocraties occidentales, des formes et modalités des États sociaux à l’heure des sociétés salariales, du rôle du travail comme activité et rapport social, des dynamiques de construction des identités, des mémoires et des mobilisations, des régimes de migrations et de mobilités, des transformations des espaces métropolitains, des modalités d’élaboration et de circulation des symboliques politiques, de la relation des sociétés contemporaines à leur passé colonial.

Par ses acquis et son potentiel, le CHS peut maîtriser ce contexte, mais, plus encore, s’imposer comme un laboratoire de référence dans l’étude de la genèse des problèmes et enjeux socio-politiques contemporains et être un acteur majeur en matière d’histoire numérique. Ses chercheurs sont à même de se saisir d’objets pour l’étude desquels le laboratoire est depuis longtemps réputé, y compris à travers ses contacts – voire ses partenariats – avec les acteurs institutionnels et socio-économiques des champs mentionnés ainsi qu’avec ceux du numériques issus d’autres sciences sociales ou exactes qu’illustrent nos publications et la participation du laboratoire à plusieurs projets (ANR Athis ou programme européen Hope).

Notre expérience n’est pas moins solide dans la pratique de l’histoire comparée, l’étude des phénomènes de mobilité et de transferts, notamment en histoire des organisations ouvrières et syndicales à l’origine de coopérations avec des institutions et des chercheurs étrangers, de l’insertion active de nombre de nos membres dans des réseaux scientifiques internationaux. Ces ressources ne sauraient masquer des aspects plus préoccupants pour l’avenir. Certains renvoient à la démographie défavorable du CHS qui devra faire face, lors du prochain quinquennal, au départ à la retraite d’une bonne partie de ses membres seniors (la totalité de ses 5 PU, dont l’actuel directeur du laboratoire, de l’un de ses 4 DR et de 3 de ses 4 CR) ainsi qu’à la mutation et promotion probable de plusieurs enseignants-chercheurs (2 MCF HDR actuels et 2 habilitations en cours). La réorganisation des pôles et les dispositions prises par les collègues afin d’éviter que leurs départs à la retraite ne soient pas d’interruption soudaine des recherches et programmes en cours anticipent du mieux possible le prévisible. Toutefois, si le remplacement des enseignants-chercheurs a toujours été assuré jusque-là et devrait l’être à l’avenir, sur la base de profils de postes compatibles avec les thématiques du CHS sans rien perdre du nécessaire renouvellement historiographique qu’autorisent ces recrutements, il en va autrement du côté du CNRS. Aucun des départs de chercheurs CNRS intervenus ces dernières années n’a été compensé. Il va de soi que la poursuite de cette situation affaiblirait gravement, à terme, le dynamisme de l’unité et menacerait la réalisation de nos objectifs.

Les lancinantes questions des moyens (cf. bilan) et des locaux constituent une autre source de préoccupations qu’il s’agisse des conditions matérielles de travail médiocres offertes à nos collègues et des restrictions imposées aux initiatives collectives. Cette situation nuit à l’attractivité de l’unité et limite nos marges de soutien aux projets émergents.

Au total, le CHS est amené à définir sa stratégie, son périmètre d’intervention et ses alliances dans un contexte délicat où, après des années de restrictions continues, l’incertitude plane sur l’évolution de ses effectifs, de sa composition et de ses dotations.

Ces problèmes ont été longuement analysés et discutés en interne, lors d’assemblées générales et de réunions du conseil de laboratoire, afin de dégager les priorités qu’imposait, en tout état de cause, la pénurie de moyens. Les interrogations, les solutions envisagées ou retenues ont été présentées à nos deux tutelles (Paris 1 et Institut SHS du CNRS) à l’occasion de rencontres, dans le même temps où nous les exposions à ceux de nos partenaires qu’elles pouvaient concerner. Le projet actuel les synthétise à travers l’affirmation, en plus de la poursuite de nos efforts de valorisation et de formation, de quatre orientations, objectifs et terrains prioritaires pour le prochain quinquennat : l’internationalisation, les archives et le numérique, une transdisciplinarité étendue, l’intervention dans la cité.

b. Priorités

L’internationalisation

Le terme s’entend de plusieurs manières. Il recouvre la diversification des terrains d’études, l’intérêt pour l’histoire comparée, mais aussi pour l’analyse des phénomènes transnationaux (circulations des références et des modes de mobilisation militantes par exemple). Il souligne également la volonté de développer plus systématiquement l’intervention, ancienne, du CHS au sein des réseaux internationaux de recherche. Cette option, synonyme de liens pérennes avec des centres et institutions étrangères, vise à renforcer ou à nouer des partenariats, rendus possibles et nécessaires par notre présence sur plusieurs terrains, en vue de faciliter tout à la fois les cotutelles de thèses, la mobilité des doctorants et post-doctorants, mais de prendre acte, aussi, des cadres et échelles des politiques européennes de recherche et de leurs procédures de financement.

À cette fin, le CHS a adopté une stratégie pro-active d’échanges scientifiques. Celle-ci passe par l’association directe de chercheurs étrangers, auparavant doctorant du laboratoire (actuellement un enseignant-chercheur brésilien et un chercheur coréen) et par l’accueil en résidence, de chercheurs étrangers associés à ses travaux, sous divers dispositifs (Research in Paris, Marie Curie Fellowship au titre duquel nous recevrons, pour deux ans, à compter de septembre 2012, Christiane Reinecke de la Humboldt-Universität Berlin). Toujours en 2012, le CHS accueillera Mme Zhang Li, chercheuse à l’Institut d’Histoire mondiale de Pékin, M. Takao Nakano, professeur à l’Université Gakushuin de Tokyo et M. Emmanuel Kahan, chercheur à l’Université de La Plata (Argentine). En 2013-2014, nous recevrons M. Hong Sik Cho, professeur à l’Univeristé Soongsil de Séoul (Corée). En matière de missions, nous encourageons nos collègues à explorer avec leurs interlocuteurs étrangers toutes les possibilités de coopérations institutionnelles et à participer aux réunions des grands réseaux internationaux d’histoire sociale (International Conference of Labour and Social History – ITH, European Social Science History Conference – ESSHC, l’International Association of Labour History Institutions – IALHI), aux comités desquels plusieurs d’entre eux siègent ou ont récemment siégé. Dans la continuité de l’expérience acquise avec l’IALHI, nous envisageons de postuler à l’organisation d’une conférence de l’ESSHC, occasion de souligner la place du CHS comme acteur majeur de l’histoire sociale internationale et d’intégrer les doctorants du laboratoire aux réseaux internationaux. Tout récemment, le CHS a pris l’initiative, avec l’IDHE et le Centre Georges-Chevrier (Dijon), d’organiser deux journées d’études qui, en janvier 2013, réuniront une trentaine de spécialistes confirmés de cinq pays différents (Belgique, Espagne, Etats-Unis, France, Italie, Royaume-Uni), afin de constituer d’un nouveau réseau de chercheurs en histoire du travail et histoire ouvrière.

Cette stratégie de présence internationale suppose d’adapter notre communication externe par la production d’une information (plaquette et site) en langue étrangère, pour l’heure en anglais, mais ultérieurement en espagnol (en relation avec nos coopérations sud-américaines). Nous souhaitons également développer l’espace dédié de notre site à la valorisation des programmes internationaux existants (Memory and memorialisation, Hope, Se loger en Europe, Mouvements sociaux en Afrique, Afrique et archives, Les services publics à l’épreuve de l’inégalité…), des séjours d’invités étrangers et des missions de nos collègues hors de France.

Indicateurs : organisation au cours du prochain quinquennal d’une manifestation internationale d’envergure ; progression du nombre des cotutelles ; élévation du taux des supports de communication externe en langue étrangère ; progression du nombre de membres du CHS dans les instances d’institutions internationales et les comités de rédaction de revues internationales.

Pratiques d’archives à l’ère du numérique Conserver et exploiter des fonds d’archives

L’expérience du CHS en matière d’archives ouvrières, militantes et des mouvements sociaux, de leur valorisation à l’ère numérique font de cette activité l’un des principaux vecteurs de notre présence internationale. Telle n’est pas, cependant, l’unique raison de l’attention que nous souhaitons lui accorder dans les années 2014-2018.

Le CHS conserve, exploite et offre à la consultation, depuis de nombreuses années, des dizaines de fonds d’archives issus de dons et dépôts de militants ou d’organisations. Indices des relations de confiance établies avec les acteurs, indissociables des thématiques du laboratoire, sources de travaux menés pas nos collègues et nos étudiants, elles concourent au rayonnement de l’institution auprès des chercheurs de toutes disciplines et de divers continents. En prévision de notre installation sur le campus Condorcet, le CHS a suscité la création d’un groupe de travail en liaison avec le Conseil scientifique de la Fondation Condorcet et les laboratoires détenteurs de fonds (CemAf et IHTP en particulier) en vue de contribuer à la définition des contours du «  Département des archives de la recherche  » et à la prise en compte des attentes des historiens au regard de leurs «  pratiques d’archives  ». Les travaux de ce groupe vont continuer alors que la mutualisation généralisée des fonds documentaires pose maints problèmes, notamment juridiques au regard des conventions conclues avec les déposants et donateurs.

Ces questions croisent en partie celles, liées et récurrentes, du classement, de la conservation et de la valorisation des fonds que bouleversent, désormais, les techniques numériques. Si le retard pris dans la réalisation d’inventaires avait interrompu de nouveaux dépôts et dons, ceux-ci ont repris dans le même temps où l’unité réexaminait sa politique documentaire en accord avec Paris 1. Nous avons ainsi lancé, en 2011, un programme de recollement des fonds, avec le soutien financier et technique du réseau des bibliothèques de Paris 1 et du conseil scientifique de l’Université, qui se poursuivra dans les années à venir et s’accompagnera de la production d’inventaires pour les fonds récemment entrés. Ces nouveaux instruments de travail seront disponibles sous Calames (Catalogue en ligne des archives et manuscrits de l’enseignement supérieur). La perspective du campus Condorcet a donné un nouvel élan aux actions de valorisation de nos fonds que nous entendons continuer par la programmation de journées d’études, la publication d’inventaires, la réalisation de vidéos incluant des entretiens avec les producteurs d’archives et/ou des témoignages autour des fonds les plus récemment classés, ainsi que la conception d’expositions virtuelles. Dans le cadre de l’IALHI, nous participons activement à l’accessibilité des corpus numérisés par 13 institutions de 11 pays différents à partir du portail Europeana et du Labour History Portal, à l’élaboration et à la diffusion des bonnes pratiques de numérisation en mesure de garantir durablement l’interopérabilité des données. Avec le Collectif des centres de documentation en histoire ouvrière et sociale (CODHOS), au sein duquel le CHS occupe une position centrale, nous travaillons à l’établissement d’une cartographie des sources disponibles en histoire sociale de façon à pallier leur dispersion. Ces opérations ont déjà donné lieu à la publication de guides de sources, à la réalisation de numéros spéciaux de revue, de sites web et à l’organisation de journées d’études et de colloques, qui seront poursuivies.

Le centre concourt encore, en relation avec le service du dépôt légal de la BNF, au groupe de travail consacré à l’archivage des sites web des mouvements sociaux, tandis qu’il est associé au programme de numérisation et d’enrichissement de la base Gallica en corpus d’histoire sociale. Au cours du prochain quinquennal, cette expérience et ces travaux pourraient se prolonger dans le montage, en partenariat, notamment, avec la Maison des sciences de l’homme de Dijon, d’un consortium qui, partie prenante de l’IR-Corpus et dévolu à l’histoire des Mondes contemporains (dépôt du dossier en septembre 2012), mènerait un programme pluriannuel (4 années) de numérisation et de documentation couvrant toutes les étapes de l’archivage et de la mise à disposition numérique, y compris la discussion sur les formats et standards adoptés.

Par-delà l’amélioration attendue de la visibilité de nos ressources, nous menons une réflexion méthodologique et épistémologique engagée sur nos pratiques d’archives, particulièrement dans le domaine de l’histoire sociale et à l’aune des évolutions consécutives à la révolution numérique. Tous nos pôles thématiques envisagent, dorénavant, de la conduire, tandis que «  l’Atelier de l’historien  », créé en commun avec l’IHTP, sur les divers modes d’utilisation des sources par les chercheurs sera maintenu. Indicateurs : diffusion et appropriation de bonnes pratiques numériques ; intégration dans les réseaux numériques internationaux spécialisés ; mise à disposition d’inventaires numériques ; participation au consortium histoire ouvrière et sociale.

Être un laboratoire de référence dans la révolution numérique en SHS

Cette activité documentaire explique une prise de conscience précoce des mutations qu’entraînait le développement du numérique. La question dépasse celle de la maîtrise de l’informatique documentaire et des conditions de diffusion des résultats de la recherche. Aussi bien les débats menés au sein du laboratoire - journées d’études et publications - ont-ils mis en évidence d’autres enjeux. Notre présence, ancienne dans ce champ, justifie l’engagement du CHS, en tant que porteur du projet et pour une période de dix ans, dans l’Equipex MATRICE centré sur la construction d’une instrumentation permettant la description et l’exploitation, par les SHS en général et les historiens en particulier, de vastes amas textuels et d’importants flux vidéos. Fort de son passé et des résultats enregistrées ces dernières années et des partenariats d’ores et déjà développés (CODHOS, IALHI, Hope, Athis), sur la base aussi de la participation de plusieurs de nos membres au pôle Histoire et informatique (PIREH) de Paris 1, établissement qui inclut le numérique parmi ses priorités scientifiques, le CHS ambitionne d’être un acteur incontournable pour tout ce qui touche aux humanités numériques. Le renforcement que constitue l’arrivée en son sein, depuis deux ans, de personnels dotés d’une solide culture scientifique et informatique (2 PRAG, 1 CR, 1 IE et 1 IE en CDD longue durée) ne peut qu’y contribuer.

Notons enfin que les enseignants chercheurs spécialisés en histoire urbaine qui coopèrent avec l’équipe TICE de Paris 1 pour produire des modules d’enseignement et de formation, poursuivront cette collaboration au cours du quinquennal à venir.

Transdisciplinarités étendues

L’Equipex MATRICE (Memory Analysis Tools for Research through International Cooperation and Experimentations), piloté par Denis Peschanski et dont le CHS est le porteur, constitue, à l’évidence, le principal chantier numérique du laboratoire. Ce programme de construction d’une plate-forme technologique destinée à l’étude des phénomènes mémoriels, en particulier à l’analyse du souvenir des événements traumatiques, implique une collaboration étroite, sinon inédite, entre historiens, praticiens de l’analyse textuelle, experts des systèmes complexes, informaticiens et, fait notable, sinon inédit, spécialistes des neurosciences.

On ne saurait trop souligner combien le programme offre l’opportunité, rare, d’une coopération entre les sciences historiques et sociales d’une part et les disciplines d’autres instituts du CNRS. Par-delà son intérêt propre, ce projet institue, en effet, un lieu d’échanges et de coopérations transdisciplinaires susceptible d’agréger, au fur et à mesure de son avancement, des chercheurs intéressés par les promesses d’usages dans des enquêtes étrangères aux contextes et terrains initiaux du programme. Telle a été, d’ailleurs, l’approche retenue au sein de l’unité afin de favoriser son appropriation la plus large par nos membres.

Pour l’heure, outre l’implication des collègues directement concernés par les techniques numériques et les travaux sur les rapports histoire/mémoire et l’histoire audiovisuelle, un projet ANR est en préparation qui devrait traiter de la fabrique des opinions et des représentations du temps politique à partir des fonds de l’INA (bandes d’actualité) et en relation avec certains des modules de la plate-forme MATRICE. Celle-ci devrait non seulement devenir un lieu d’expérimentations et d’instrumentation scientifique en histoire et SHS, mais également l’un des principaux foyers de réflexion sur les potentialités du numérique en ce domaine.

Ces objectifs et potentialités supposent, cependant, que le laboratoire veille à l’acquisition la plus large, parmi ses membres, des bases d’une culture numérique. Nous prévoyons, en ce sens, de promouvoir, pendant le prochain quinquennal, une sensibilisation aux outils et aux enjeux du numérique par le biais de séances du séminaire interne et l’organisation de modules de formation pour les agents et doctorants dans la continuité d’une première initiative consacrée à HAL. Un séminaire de recherche sera organisé sur le thème de l’histoire à l’ère numérique. Enfin, les doctorants du laboratoire seront vivement incités à participer aux séances de formation à la structuration et à l’analyse de données historiques programmées conjointement, dans le cadre de l’École doctorale d’Histoire de Paris I, par le CHS, le LAMOP, les informaticiens du CRIR et les mathématiciens du SAMM.

Interventions dans la cité

Le choix de lier la rigueur et l’excellence scientifiques à la plus large diffusion des résultats de recherches tournées vers les problèmes sociaux et politiques contemporains participe de l’identité du CHS. L’évolution des conditions de diffusion du savoir invite, là aussi, à confirmer la politique d’innovation définie ces dernières années. L’effort d’équipement vidéo et de formation de nos agents autorise dorénavant la réalisation en interne de documents audiovisuels, composante en expansion de nos fonds d’archives et support d’archives de la recherche, à travers l’enregistrement de manifestations (journées d’études, colloques), d’entretiens avec les chercheurs témoins de son histoire (Antoine Prost, Jean-Louis Robert parmi les premiers), d’interviews avec les auteurs d’ouvrages récents issus de nos travaux. Le partenariat avec le site Médiapart, inauguré en 2010, devrait continuer à offrir un exceptionnel canal d’intervention et d’expertise de nos chercheurs appelés à présenter la dimension historique de questions dites d’actualité. L’unité, engagée dans la publication d’un Bulletin électronique et dotée d’un site web en évolution permanente, entend également maintenir sa présence sur divers réseaux sociaux (Twitter, Facebook) et étudie les modalités d’un partenariat avec Wikipédia sur ses domaines de compétences. Thèmes

Maintenir la cohérence scientifique de l’unité dans le respect de la richesse des spécialisations de chacun demeure l’une des orientations maîtresses du «  vivre ensemble  » du CHS. Sa mise en œuvre exclut l’intangibilité des thématiques soumises, en tout état de cause, au renouvellement des approches, des objets et des terrains. Indépendamment des infléchissements inhérents aux départs, aux recrutements et aux réorientations des chercheurs, le passé du CHS témoigne de la réalité des mutations intervenues autour et à partir de ses préoccupations initiales en histoire sociale.

La réflexion engagée à l’occasion de la préparation du prochain quinquennat a permis une mise à plat et l’identification de 5 thèmes majeurs définis sur la base des points forts de l’unité et au croisement des projets individuels et collectifs à venir : le travail, le genre, les mémoires, les mobilisations collectives, les politiques publiques. Ils ne se substituent pas aux pôles thématiques qui structurent l’unité, mais recouvrent des questions transverses, partagées par l’ensemble du laboratoire, bases d’initiatives communes et confondues, pour certaines, avec les priorités de nos tutelles (Paris 1 et Institut SHS du CNRS).

Le travail

L’histoire du travail, thématique fondatrice du CHS pour son versant relations sociales et mouvements sociaux (labour), s’est élargie de façon décisive vers l’exploration de son versant activité (work), approche neuve que nos chercheurs ont largement contribué à développer dans le sens d’une anthropologie historique. Attentive aux techniques, aux savoir et savoir-faire comme aux valeurs, identités et statuts, l’étude des professions est appelée à se diversifier tant du côté des activités ouvrières, du monde des employés, des administrations et des services publics (projet ANR déposé au printemps 2012) que des métiers de la culture. Le lancement d’un projet de création d’un réseau européen d’historiens du travail et des ouvriers devrait accompagner les efforts entrepris pour dynamiser les études comparées et croisées, ainsi que la confrontation des historiographies et des méthodologies. Thématique traditionnellement portée aux coopérations pluridisciplinaires, l’inscription du travail au nombre des priorités scientifiques du PRES, de Paris 1 et de l’Institut SHS du CNRS ouvre des perspectives favorables à l’élaboration de projets dans lesquels le CHS prendra toute sa place. Très actif dans la coopération avec les juristes, il s’efforce de tisser des liens avec les spécialistes de disciplines extérieures aux SHS, notamment dans le cadre du DIM-GESTES «  travail et souffrance au travail  », réseau de plus de 200 chercheurs et de trente-deux laboratoires auquel il participe jusque dans ses instances dirigeantes.

Le genre

Si la prise en compte du genre, entendu comme construction sociale des relations sexuées, n’était pas absente des thématiques et des travaux du CHS, celle-ci traverse désormais l’ensemble de nos recherches, cependant que les avancées réalisées par plusieurs de nos membres (dimension genrée des identités professionnelles, modalités des références viriles et féminines, homosexualité, corps et attributs sexués, jeunesse et identité sexuelle) étaient jugées assez importantes pour conduire de jeunes chercheurs, pionniers en leur domaine, à en faire le motif principal de leur association à notre unité. À l’instar du travail, cette orientation transversale majeure du laboratoire se confond avec l’une des priorités de l’Institut SHS du CNRS et participe à l’affirmation, au sein de Paris 1, d’un Axe pluridisciplinaire sur le genre (réunions régulières, une journée d’études pluridisciplinaire jeunes chercheurs par an), ainsi qu’aux activités de l’Atelier Genre Condorcet, financé par la Fondation Condorcet.

Mémoire et mémoires

L’étude de la construction des représentations et en particulier des mémoires, des conditions et modalités de leur légitimation, appropriation, mobilisation, voire institutionnalisation, ainsi que des problèmes méthodologiques et épistémologiques des relations mémoires/histoire, n’est pas nouvelle au sein du CHS où ces questions sont à l’origine de séminaires (appropriations du passé dans les sociétés contemporaines), d’enquêtes et de publications remarquées (Monuments aux morts ; Rémanences du passé ; résiliences des formes urbaines anciennes ; Mémoires du travail ; Mémoires et mémorialisation…). L’initiative de l’Equipex MATRICE s’en est nourrie, dans le même temps où il en dépassait les frontières disciplinaires et, par suite, le questionnement. Ses ambitions et les moyens qu’il réunit en feront le cadre principal dans lequel se déploieront des travaux et des manifestations en la matière au cours de la prochaine décennie, en concertation avec les nombreux associés au programme et avec ses partenaires institutionnels et muséaux (INA, Mémorial de Caen, CNHI).

Mobilisations collectives

Longtemps confondue avec l’histoire du travail et celle du mouvement ouvrier qui, parfois, a pu paraître la résumer, l’étude des mouvements sociaux et, au-delà, des mobilisations collectives, concerne l’ensemble des pôles thématiques du CHS dont elle fut la matrice. La question éclaire, d’une façon plus large, l’attention générale portée aux tensions, enjeux et acteurs ainsi que l’option «  interventionniste  » du laboratoire.

Sous ses multiples approches, la thématique concourt au développement d’une histoire sociale du politique, en mesure de reconsidérer la problématique historique d’une citoyenneté irréductible à sa seule acception institutionnelle. Elle interroge les processus de politisation des milieux populaires et de réappropriations populaires des ressources du politique, les pratiques de démocratie participative, la circulation des pratiques et savoirs militants, les conditions et modes d’émergence et de manifestation des mobilisations collectives dans leurs rapports aux procédures et cadres institutionnels.

Politiques publiques à l’épreuve des acteurs

Qu’il s’agisse de la ville, de l’immigration, du travail, de l’éducation, des contextes coloniaux ou de la culture, les politiques publiques intéressent tous les pôles du CHS. Celui-ci détient, en chacun de ces domaines, une capacité d’expertise reconnue que confirment ses partenariats avec maints acteurs publics, mais que nous nous proposons de renforcer et d’afficher plus nettement au cours du quinquennal à venir. Cette orientation se manifestera par l’élaboration de recherches collectives susceptibles de mobiliser la plupart de nos compétences, à l’exemple du programme ANR «  Les services publics à l’épreuve de l’inégalité, France et espaces coloniaux au XXe siècle  » qui, déposé en avril 2012 et piloté avec l’IDHE, se propose d’interroger simultanément l’évolution des différents statuts et contextes de travail au sein des services publics et celle de leurs relations avec les divers types d’usagers. L’un des outils en sera, par ailleurs, le GIS Histoire et mémoire des migrations (créé en collaboration avec la CHNI, l’Université Aix-Marseille 1 et l’EHESS) dont le CHS est l’un des principaux porteurs et qui se propose de favoriser l’émergence d’initiatives pour l’appréhension globale des diverses politiques publiques (ville, politiques culturelle, travail, immigration, nationalité), sur le modèle récemment donné à la CNHI par la journée consacrée aux politiques culturelles en Outre-mer. Telle est encore, largement, l’orientation donnée à notre participation au Labex DynamiTe, base d’une réflexion théorique sur l’utilisation des catégories spatiales par les historiens en relation avec celles des géographes et les acteurs, sera tournée vers l’étude de la façon dont ces derniers (organismes publics des gouvernements, des institutions privées, les citoyens et habitants, etc.) inventent, en interaction, de nouveaux modèles de production d’espaces métropolitains.

Les espaces-temps du CHS : le grand large et la métropole à l’époque contemporaine

L’extension de fait des terrains couverts par nos travaux nécessitait d’en prendre acte. La redéfinition qui en procède vaut d’abord pour son cadre chronologique. Un large accord existe au sein du laboratoire pour estimer que les bornes temporelles d’une enquête ne peuvent être fixées a priori, mais en fonction de l’objet étudié. Ainsi ne sauraient-elles être similaires selon que l’on considère les politiques du logement, la généalogie des institutions répressives dans les colonies françaises ou celle de la construction de l’État social. En conséquence, le CHS a vocation à accueillir des travaux portant sur un XXe siècle entendu dans un sens suffisamment large pour aller du temps présent à la seconde moitié du XIXe siècle.

Le réajustement est également d’ordre géographique. Les travaux en cours et nos projets confirment les ouvertures décisives du CHS vers l’Afrique et les espaces transatlantiques dans la double perspective d’histoire comparée et d’histoire des mobilités et des circulations. L’élargissement à l’œuvre ne signifie pas l’abandon des territoires traditionnels de l’unité qui ambitionne de demeurer un laboratoire de référence dans le champ de l’histoire politique et sociale en France et en Europe occidentale.

À une autre échelle, il entend rester l’un des principaux lieux d’expertise de l’agglomération parisienne et des métropoles européennes, socle de partenariats pérennes avec diverses équipes relevant souvent de plusieurs champs disciplinaires, à l’exemple de notre association au Labex DynamiTe. L’accent sera mis sur l’analyse des formes urbaines parisiennes dans la longue durée (projet ALPAGE d’approche géomatique), la constitution des territoires urbains par les politiques publiques, les dynamiques sociales urbaines dans la moyenne durée (1852-2012). À terme, il s’agirait d’instituer un pôle pluridisciplinaire majeur dans le domaine des études urbaines doté d’un important volet historique.

Mise en œuvre du projet

Alliances et partenariats

Cette stratégie, en partie dictée par les dynamiques mêlées de l’historiographie et du laboratoire, configure la nature et les contours de nos coopérations avec les institutions et les laboratoires qui partagent nombre de nos options, problèmes, contraintes et opportunités. Ainsi en va-t-il pour nos partenaires de l’IDHE Paris 1 et du CemAf auxquels nous lient des projets passés ou en cours et, dans le dernier cas, un commun destin à Aubervilliers, à l’instar du CRH, autre membre du PRES Hésam.

Une place à part doit être faite, ici, à l’IHTP, unité propre du CNRS et laboratoire d’histoire contemporaine appelé à s’installer sur le campus-Condorcet. Si l’évolution démographique préoccupante de cette unité présente, au négatif, quelques similitudes avec la nôtre, certaines convergences plus positives dégagent des perspectives prometteuses d’initiatives communes. Une série de rencontres entre les équipes et les directions a permis de dresser l’inventaire de ces convergences autour d’une tradition d’histoire d’intervention, soucieuse de saisir la genèse des enjeux sociaux et politiques du temps présent. Dès maintenant, nous envisageons de donner à l’Atelier actuel le caractère de «  séminaire interne  », tremplin pour des manifestations annuelles, par exemple sur les archives de la terreur et de l’exception ou sur l’écriture de l’histoire lorsque les fonds publics sont inaccessibles. Nous agissons ensemble afin que le GED Condorcet prenne en compte les pratiques d’archives de deux laboratoires qui, dès l’origine, ont été simultanément des centres de recherches et de documentation.

Il n’importe pas moins de travailler à l’émergence de projets scientifiques pluriannuels du type ANR, projets européens, etc., sur les thématiques qui fondent la démarche de rapprochement. C’est déjà le cas dans le cadre de l’Equipex MATRICE et pour ce qui touche à l’histoire culturelle contemporaine. L’histoire du communisme et de l’engagement, celles des conflits armés, des circulations et des mobilisations internationales constituent autant d’objets communs, notamment sur les terrains partagés d’Europe occidentale et d’Algérie. La perspective d’une association plus étroite, envisagée de part et d’autre, reste toutefois suspendue à sa confirmation par les équipes en voie de reconfigurations internes ainsi qu’à l’appréciation de nos tutelles, en premier lieu le CNRS, et des réponses qu’elles apporteront à nos questions concernant la préservation des dotations et des effectifs de chercheurs.

Allocation de ressources

Pour l’heure, les ressources propres du laboratoire sont faibles au regard de ses activités. La plus grande part de nos dotations, globalement en recul continu depuis 2008, est affectée aux dépenses de fonctionnement, (renouvellement de l’équipement, entretien de l’appareil documentaire, frais généraux). Il devrait en aller de même dans les prochaines années, en particulier en raison des frais qu’entraînera l’équipement des locaux dévolus au CHS, en premier lieu à nos agents ITA et ATOS les plus continument présents, lorsque, en 2014, les juristes quitteront le site Malher pour occuper le centre Lourcine. Ces aménagements, éminemment souhaitables en termes de condition de travail et de cohésion de l’unité, porteront sur l’installation de postes de travail adaptés et d’espaces de travail mutualisés pour tous les membres permanents du CHS et les doctorants. Les fonds restants serviront, d’une part, à doter nos trois pôles thématiques de sommes, en tout état de cause modestes et arrêtées en conseil de laboratoire, destinées au financement de frais de missions, d’invitation à des séances de séminaires, etc., et d’autre part, à favoriser l’organisation d’initiatives transversales en relation avec nos priorités quinquennales, ainsi qu’à l’émergence de projets novateurs. Leur attribution sera discutée en conseil de laboratoire sur la base des demandes présentées par les porteurs des projets.

Organisation interne

L’un des défis du prochain quinquennal sera d’assurer la transversalité de nos initiatives et l’intégration de toutes ses composantes, y compris les doctorants, eu égard aux cadres structurants créés par les dispositifs du type Equipex, Labex, DIM, GIS, Consortium et ANR, à leurs effets potentiellement centrifuges, pour ne pas revenir sur les dysfonctionnements consécutifs à la faiblesse de nos ressources propres et à l’indigence de nos locaux. La large et longue discussion qui a présidé à la recomposition de nos pôles et à la définition de thèmes majeurs communs, les décisions adoptées afin de mettre en œuvre nos ambitions, notamment à travers le rôle conféré à un conseil de laboratoire fréquemment réuni et la panoplie de modes de communication mis à disposition, constituent autant d’atouts et de jalons pour le succès de l’entreprise.

En ce qui concerne nos doctorants, souvent salariés, nous souhaitons renforcer le dispositif actuel, fondé sur l’articulation des initiatives de l’École doctorale d’histoire de Paris 1 et du séminaire doctoral interne. Il le sera au moyen d’une liste de diffusion spécifique, d’une forte incitation à participer aux activités du laboratoire, d’un recours accru aux ressources de son site web (page de présentation personnelle) et par le maintien de la journée d’intégration, ou doctoriales. Inaugurée en 2011, celle-ci est organisée par les doctorants eux-mêmes, en préambule de la première assemblée générale annuelle du laboratoire, au cours de laquelle les nouveaux entrants exposent leurs thèmes de recherches et découvrent le laboratoire, ses membres et son fonctionnement.