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Dornel Laurent

Maître de conférences en histoire contemporaine, accueilli en délégation au CHS depuis le 1er septembre 2013. en délégation CNRS au CHS

Contact : laurent.dornel@univ-pau.fr

Depuis ma soutenance de thèse en 2001, j’ai successivement enseigné dans le secondaire, en CPGE et, à partir de 2008, à l’Université de Pau en tant que MCF. Mes travaux et mes publications s’organisent autour de trois thématiques.

A) Xénophobie et figures de l’altérité

Les recherches menées dans le cadre du doctorat ont porté sur la xénophobie en France, appréhendée d’un point de vue socio-historique. Il s’agissait de comprendre comment l’étranger, dans le dernier quart du XIXe siècle, devient, avec le thème de la « protection du travail national », un enjeu politique lié en grande partie à l’installation et à la solidification de la République ; comprendre aussi une partie du système complexe de représentations qui s’articulent autour de la figure polymorphe de l’étranger. La nouveauté du travail présenté dans une thèse entreprise sous la direction de Gérard Noiriel et soutenue en novembre 2001 à l’EHESS (La France hostile. Histoire sociale de la xénophobie au XIXe siècle (1815-1914), Paris, École des Hautes Études en Sciences Sociales, 2001, 3 vol., 731p.), tenait notamment à l’analyse des articulations entre pratiques sociales, discours politiques et représentations. Les rapports entre la violence xénophobe et ses expressions politiques ont fait l’objet d’approfondissements ultérieurs à l’occasion de colloques et de journées d’études prolongés par diverses publications.

Le livre tiré de la thèse, recentré sur les premières décennies de la IIIe République, montre que la xénophobie se structure alors en tant que système social, politique et discursif. Il permet notamment d’examiner de plus près l’enracinement national de la classe ouvrière française dans le cadre d’une jeune République tout entière traversée par le paradigme de la nation. La question de l’étranger apparaît dès lors comme inhérente à la réflexion et aux pratiques républicaines. Quelques publications (articles, chapitres d’ouvrages) m’ont permis d’approfondir cette thématique, complétée par ailleurs par une série de travaux sur l’étranger et ses déclinaisons : le vagabond et le nomade. Enfin, j’ai continué à réfléchir aux articulations parfois complexes entre l’étranger et l’ennemi, réflexion que j’entends prolonger dans le cadre de la préparation de mon HDR.

B) Émigration d’élites et transferts culturels

Le deuxième axe de mes investigations concerne les liens entre l’émigration d’élites et les transferts culturels à partir du cas de l’émigration basco-béarnaise vers l’Argentine (années 1850-1930). A mon arrivée l’UPPA, j’ai conçu et pris la direction d’un programme de recherche sur l’émigration basco-béarnaise financé par le Conseil Général des Pyrénées-Atlantiques. Ce programme s’inscrivait dans des travaux entrepris depuis quelques années par une équipe d’historiens et d’anthropologues. J’ai réorienté ces recherches en les recentrant sur les questions de l’émigration d’élites et des transferts culturels et en dépassant le cadre spatial jusqu’alors très local. Ainsi, si j’ai limité l’aire d’arrivée de migrants à l’Argentine, j’ai en revanche ouvert plus largement les espaces de départ (France, Pays basque espagnol), en m’appuyant sur des réseaux fédérés notamment par l’Institut des Amériques (GIS). J’ai ainsi co-organisé à l’UPPA un colloque international (une cinquantaine de participants) sur le thème des mobilités en Amérique (Mobilités, territoires et imaginaires en Amérique depuis les Indépendances jusqu’aux années 1930, UPPA, 20-22 janvier 2011) et coordonné la publication d’un ouvrage reprenant les communications les plus significatives. La même année, j’ai organisé un colloque autour du thème central du programme de recherche (L’émigration des élites basco-béarnaises vers l’Argentine, XIXe-XXe siècle), qui s’est tenu les 20-21 octobre 2011 et a permis d’amorcer une réflexion fructueuse avec près d’une vingtaine de chercheurs, dont plus de la moitié espagnols (Université du Pays Basque) et argentins (Universités de Quilmes, de la Plata, de Tandil et d’Entre Rios). A cette occasion, j’ai pu approfondir l’analyse des transferts culturels liés à l’émigration d’élites. Les principales communications ont été réunies dans un ouvrage pour lequel j’ai rédigé une introduction générale d’une vingtaine de pages qui tente de saisir, dans le champ plus vaste de l’histoire des migrations, les enjeux plus globaux soulevés par les travaux présentés. Ce colloque d’octobre 2011 a été prolongé par la co-organisation avec le Centro de Estudios de la Argentina Rural d’un colloque international à l’Université de Quilmes les 30-31 mai et 1er juin 2012 intitulé Territorios, Migraciones e Identitades en un mundo rural heterogéneo y de cambios (1850-1950). La rencontre a réuni une grosse trentaine de chercheurs, argentins, espagnols et français et donné lieu à une publication en Argentine.

C) Travailleurs coloniaux, chinois et étrangers en France pendant la Grande Guerre

La troisième thématique, au cœur de mon projet de HDR, est l’histoire des travailleurs coloniaux, chinois et étrangers. Dans un premier temps, j’ai commencé des recherches sur la façon dont les catégories raciales, jusqu’alors à peu près totalement absentes des rapports entre Français et étrangers, se sont soudainement imposées pendant cette période, laquelle m’est apparue par conséquent inaugurer une ère nouvelle dans la gestion étatique des « races ». J’ai plus particulièrement analysé les usages du racialisme en me centrant sur les formes d’assignation raciale au travail ainsi que sur l’articulation des pratiques, des discours et des représentations. J’ai commencé depuis peu à retravailler cette thématique en me focalisant d’abord sur le cas des travailleurs chinois, à l’occasion de colloques et de journées d’études. J’ai pu ainsi analyser le rôle de l’Etat et des autorités militaires dans l’élaboration de représentations racialisées des travailleurs chinois tout en reconsidérant les articulations entre les discours (publics et privés) et les pratiques. En collaboration avec Céline Regnard (Telemme, Université de Provence), j’ai proposé une réflexion sur les enjeux mémoriels et historiques entourant cette main-d’œuvre spécifique. Ces recherches accompagnent la rédaction, avec Céline Regnard toujours, d’un livre sur les ouvriers chinois de la Grande Guerre. La question des identités racialisées a donné lieu par ailleurs à la publication d’un travail sur l’invention du concept de « main-d’œuvre blanche » pendant la Première Guerre mondiale.

Principales publications

Ouvrage La France hostile. Socio-histoire de la xénophobie 1870-1914, Hachette Littératures, 2004, 362 p.

Direction d’ouvrages

Des Pyrénées à la Pampa. Une histoire de l’émigration d’élites (XIXe-XXe siècle), Presses de l’Université de Pau et des Pays de l’Adour, 2013, 314 p.

Avec Michèle Guicharnaud-Tollis, Michael Parsons et Jean-Yves Puyo, Ils ont fait les Amériques… Mobilités, territoires et imaginaires (1776-1930), Pessac, Presses Universitaires de Bordeaux, 2012. Chapitres d’ouvrages scientifiques y compris actes de colloques

« Xénophobie et “blanchité” en France dans les années 1880-1910 », dans Sylvie Laurent et Thierry Leclère (dir), De quelle couleur sont les Blancs ? Des « petits Blancs » des colonies au « racisme anti-Blancs », La Découverte, 2013, p.214-223. Paru également en intégralité dans la revue en ligne Contretemps en janvier 2014 : http://www.contretemps.eu/lectures/...

« La fabrication de l’ennemi « héréditaire » allemand (de 1815 à la Première Guerre mondiale) », dans Jean-Claude Caron et Natividad Planas (dir), La mémoire de l’ennemi en Occident de l’Antiquité à la période contemporaine, Presses de l’Université Blaise Pascal, à paraître 2014.

« Pour une approche transculturelle des migrations », dans L. Dornel (dir.). Des Pyrénées à la Pampa. Une histoire de l’émigration d’élites (XIXe-XXe siècle), Presses de l’Université de Pau et des Pays de l’Adour, 2013, p.13-30.

« Alexis-Alejo Peyret le passeur : émigration d’élites et transferts culturels », dans L.Dornel (dir.). Des Pyrénées à la Pampa. Une histoire de l’émigration d’élites (XIXe-XXe siècle), Presses de l’Université de Pau et des Pays de l’Adour, 2013, p.33-50.

Avec Victor Pereira, « Pensar la migración a través de la biografia : el ejemplo de las migraciones de élites francesas en la Argentina del siglo XIX », in Alejandra de Arce & Graciela Mateo (dir), Migraciones e Identitades en el Mundo Rural, Buenos Aires, Imago Mundi, 2013, p.61-80.

« Les paradoxes de la xénophobie ouvrière : immigration et violence à Marseille (1880-1914) », dans Céline Regnard et Stéphane Mourlane (dir), Les Batailles de Marseille, Presses Universitaires de Provence, 2013, p.137-147.

« Les mouvements xénophobes (années 1880-1930) », dans Histoire des mouvements sociaux en France de 1814 à nos jours, M.Pigenet M. D. Tartakowsky (dir.), Éditions de la Découverte, 2012, p.294-304.

« Du vagabond à l’étranger : les métamorphoses de la gémellité (France, XIXe siècle) », dans Desvois F. et Morag Munro-Landi (dir), Le Vagabond en Occident. Sur la route, dans la rue : le vagabond, vol : Du Moyen Âge au XIXe siècle, L’Harmattan, 2012, p.119-132.

« Les travailleurs chinois vus par l’administration militaire française (1914-1918) : assignation, identification et représentations », dans Li MA (dir), Les travailleurs chinois dans la Première Guerre mondiale, CNRS Éditions, 2012, p.265-284.

« Des frontières de la nation à la frontière de la nationalité : l’étranger en France au XIXe siècle », dans D’une frontière à l’autre : migrations, passages, imaginaires, Berdah J-F, Bloch-Raymond A. et Zytnicki C. (éd.), CNRS/Université Toulouse-Le Mirail, Coll.Méridiennes, 2007 p.43-53.

« L’insulte xénophobe en France au XIXe siècle », dans L’Insulte (en) politique. Europe et Amérique latine du XIXe siècle à nos jours, sous la direction de Th.Bouchet, M.Leggett, J.Vigreux et G.Verdo, Éditions Universitaires de Dijon, 2005, p.111-120.

« Naissance politique de la xénophobie (France, fin XIXe siècle) », dans La voix et le geste. Une approche culturelle de la violence socio-politique, de la Révolution française à nos jours, sous la direction de Philippe Bourdin, Jean-Claude Caron et Mathias Bernard, Presses Universitaires Blaise-Pascal, 2005, p.217-229.

« A imigração e a xenofobia em França no século XIX », dans Caminhos para a integracão. Condições de vida, aspirações e identidades de jovens descendentes de familias imigrantes na Europa, Goethe-Institut Lissabon, Institut Franco-Portugais, Fundação Friedrich Ebert, Organisation Internationale pour les Migrations, 2005 [p. 15-19]

« Cosmopolitisme et xénophobie. Les luttes entre Français et Italiens dans les ports et docks marseillais (1870-1914) », dans Du cosmopolitisme en Méditerranée, Cahiers de la Méditerranée, n°67, décembre 2003, p.245-267. Articles dans des revues internationales ou nationales avec comité de lecture « Bohémiens, Tsiganes et nomades : la construction d’une figure particulière de l’étranger », Études Tsiganes, n°47, 2012, p.10-25.

« Algunas reflexiones sobre el Informe sobre máquinas agrícolas de Alexis Peyret », Estudios Rurales, Publicación del Centro de Estudios de la Argentina Rural (UNQ), vol 1, n°1 (2011), p.151-162, http://ppct.caicyt.gov.ar/index.php/estudios-rurales/issue/view/59

« Être étranger en France à la fin du Second Empire », Migrance, 35, « La Commune et ses étrangers », premier semestre 2010, p.13-22.

« La frontière (le voisin) et l’étranger. Les enjeux identitaires d’un conflit frontalier », Revue d’Histoire du XIXe siècle, n°24, 2003/1, p.111-124.

« Chronique de la haine ordinaire. Une rixe entre ouvriers français et italiens à Ravières (Yonne), en 1880. », Diasporas, n°10, 2007, p.105-111.

Avec Sophie Dulucq, « Le français en Afrique Occidentale Française. Construction linguistique, représentations et domination coloniale », Diasporas, n°2, 1er semestre 2003, p.154-161.

« Les usages du racialisme. Le cas de la main-d’œuvre coloniale en France pendant la Première Guerre mondiale », Genèses, n° 20, septembre 1995, p.48-72.

Conférences données à l’invitation du Comité d’organisation dans un colloque international ou national

« Algunas reflexiones sobre el Informe sobre máquinas agrícolas de A. Peyret », Université de Quilmes, Argentine (10 juin 2011).

« Territorio, identidad y poder en la Francia del siglo XIX », Universidad de Quilmes, Argentine (avril 2009).

Communications orales sans actes [COM]

« Migrations et transferts culturels dans l’espace atlantique : le cas des migrations d’élites entre les Pyrénées et l’Argentine (milieu XIXe siècle-années 1900), séminaire « Mobilités et circulation des pratiques et des savoirs dans l’espace atlantique, XIXe-XXe siècle » organisé par Pilar González Bernaldo, Professeur à Paris 7, 12 novembre 2013.

« Migrations transatlantiques et transferts culturels : quelques réflexions autour de la présence française en Argentine et plus particulièrement des migrants d’élite (années 1840-1900) », Journée d’études « Communautés et colonies françaises en Amérique : mémoires et mise en patrimoine : XIXe-XXIe siècles », Université de La Rochelle, 24 octobre 2013.

« Les conditions économiques des exilés politiques français au Rio de la Plata (années 1840-années 1860) : questions, sources et méthodes », Quelles sources pour l’histoire économique de l’exil politique au XIXe siècle ? Table ronde organisée par le Centre de recherches en histoire européenne comparée (CRHEC)-UPEC et la CNHI avec la collaboration du CRHIPA (Grenoble II), 7 & 8 juin 2013, Créteil.

« Guerre et migrations. Les travailleurs étrangers, coloniaux et chinois en France pendant la Première Guerre mondiale. Enjeux d’une recherche en cours. », Atelier Guerres, Empires et migrations, organisé par le Centre d’histoire sociale du XXe siècle (CNRS/Université Paris 1 Panthéon Sorbonne), Cité Nationale de l’Histoire de l’Immigration, 29 mars 2013.

« Guerre, immigration et marché du travail : les travailleurs coloniaux en France pendant la Grande Guerre », séminaire Migrations et marché du travail organisé par Victor Pereira, UPPA-ITEM, 30 novembre 2012.

Avec Céline Regnard, « Les travailleurs chinois en France pendant la Première Guerre mondiale : enjeux mémoriels et historiques », Colloque international Mémoires des migrations et temps de l’histoire, Cité Nationale de l’Histoire de l’Immigration, Paris, 22-24 novembre 2012.

« L’autochtone et l’étranger. France, XIXe siècle », journée d’études L’autochtonie : un concept à déployer, organisé par Maurice Daumas, UPPA-ITEM, 16 novembre 2012.

« Historia de la inmigración en Francia : estado de la cuestion y evolución de las investigaciones », Seminario de historia moderna, Universidad de Zaragoza, 14 mai 2012.

« Le corps de l’étranger. Réflexions à partir du cas des travailleurs chinois en France pendant la Première Guerre mondiale », Séminaire « Le corps régulé » organisé par Anne Carol et Isabelle Renaudet, UMR-Telemme, Aix-en-Provence, 18 avril 2012.

« Comment peut-on être Chinois ? Représentations et pratiques. Le cas des travailleurs chinois en France pendant la Première Guerre mondial », Journée d’études « L’Autre » organisée par Laurent Jalabert et Evelyne Toussaint, UPPA, 3 février 2012.

« Inmigración y xenofobia : el ejemplo de la Francia en el siglo XIX », conférence à l’Université d’été de Jaca, 8 septembre 2011.