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Appel à communications : colloque Récits de ville : usages de l’histoire et changement urbain

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Labex Futurs urbains (Université Paris-Est, France) Universidad de Valladolid (Espagne)

Des mythes de fondation antiques au storytelling contemporain, d’innombrables récits accompagnent le processus d’urbanisation planétaire. Le changement dans les villes n’est pas en effet un processus linéaire, et les sociétés urbaines mettent abondamment en récit ses péri-péties. À ce phénomène assez bien connu, l’appel à communication qui suit ajoute l’hypothèse que de tels récits ont joué un rôle important dans l’accompagnement des mutations urbaines et qu’ils entretiennent des relations complexes et dialectiques avec les projets, plans d’aménagement, opérations de reconstruction, rénovation, politiques ou mobilisations urbaines en général c’est-à-dire toutes modalités de transformation intentionnelle ou subie des villes. L’objectif du colloque sera donc d’éclairer assez précisément le rapport entre ces narrations et les enjeux propres au changement urbain et à l’urbanisme. En ce sens, les récits forment un usage de l’histoire, et la recherche urbaine ne peut pas simplement les considérer comme œuvres littéraires, même s’ils révèlent de la fiction. Ils cons-tituent une dimension de la fabrique de la ville qui s’inscrit dans des temporalités et des repré-sentations que l’on peut rapporter aux différents protocoles de transformation urbaine, dans un cadre réglementaire ordinaire (plans d’urbanisme, régulation…) ou exceptionnel (opérations d’aménagement…), en continuité (protection patrimoniale, renouvellement urbain…) ou en rupture (expansion urbaine, rénovation…), partiel (histoire de quartier, des communautés habi-tantes…) ou global (de la petite ville à la métropole…). Il y a dans toutes ces situations un intérêt à rapprocher, le temps d’un colloque, les études pluridisciplinaires qui prennent pour objet ou plus simplement qui mobilisent ces récits de ville, avec la fabrique de l’urbain. Trois entrées sont ici proposées, dans lesquelles pourront s’inscrire tout ou partie des propositions de communication. Production, actualisation, transmission ou le récit comme consensus Qu’il soit produit dans le cadre d’une commande publique liée au pouvoir de bâtir ou en de-hors de tout cadre institutionnel, le récit de ville vise à établir un portrait permettant d’identifier des repères, des hauts-lieux, des acteurs qui déterminent un devenir urbain. Mais quelle analyse et quelle interprétation intellectuelle et matérielle en faire ? Comment également analyser la construction sociale et politique de leur production ? Comment décrire les profes-sionnels habilités à le produire (architectes, urbanistes, aménageurs, maîtres d’œuvre, élus mais aussi conservateurs du patrimoine, historiens, hagiographes, écrivains, professionnels de la communication) ? Comment restituer enfin les circulations entre eux, l’entrecroisement ou la concurrence des légitimités, l’articulation entre le récit fondamental ou définitif et le récit ap-pliqué aux opérations urbaines ? Il est donc important dans un premier temps d’identifier, à travers les convergences, comment ces récits construisent les consensus. Conflits, effacements, oublis ou le récit comme lieu de mémoire Si le récit de ville contribue à sa façon au travail de mémoire, passant par le tri des événements (fondations, résistances, reconstructions, libérations, soulèvements populaires, etc.) et la sélec-tion des lieux et des personnages qui ont fait la ville, il a pour envers et complément la discor-dance. Mais, au-delà de l’opposition désormais classique en sciences humaines entre discours des vainqueurs et silence des vaincus, comment restituer les processus d’effacement ou d’oubli à l’œuvre dans certains récits de ville officiels ? À l’heure du numérique, le récit de ville ne court-il pas le risque de se confondre avec une ac-cumulation sans fin de données factuelles qui relativisent toute forme d’histoire urbaine ? Le trop plein de passés rend le récit informe et ouvre la porte aux oublis. Travailler le récit c’est donc mettre en perspective l’avant du tournant numérique mais aussi ré-interroger les modali-tés de l’oubli. Que, à cet égard, peuvent nous apprendre les situations d’amnésie urbaine ou urbanistique, les récits flous ou effacés ? Enjeux, projets et appropriations ou le récit comme instrument L’hypothèse de départ de ce colloque est que le récit de ville forme une « narratologie articu-lée », c’est-à-dire tournée ou orientée vers la production urbaine. Est-ce que cependant tous les récits de ville fabriquent de l’imaginaire bâtisseur ? Les appels insistants actuellement en France à la constitution d’un « récit métropolitain » témoignent de cet enjeu : mais peut-on dire pour autant qu’il est entendu ? Et par qui ? Les récits peuvent-ils cependant s’affranchir des récits existants et que font-ils des récits antérieurs de la transformation urbaine qui ont pu aussi s’appuyer sur des infrastructures fortes (murailles, boulevards, places royales, …) ? Ne dit-on pas par exemple des « plans d’urbanisme » qu’ils ont aussi pour fonction de donner sens au devenir des villes, de rassembler dans une charte commune les décisions prises, et en quelques sortes de contribuer à l’élaboration d’un grand récit du changement urbain ? Il y a par ailleurs la question des usages politiques de ces récits de ville, c’est-à-dire la manière dont les acteurs qui ont en charge la production des villes s’approprient le passé et le re-configurent. Au-delà des questions épistémologiques, il y a celles de la nature des connaissances produites de leur statut et de leur assemblage, de leur rapport avec l’héritage urbain et à la mémoire col-lective, à l’identité des villes et aux politiques voire aux institutions qui les portent. En soulignant la diversité des objets envisageables, nous devons aussi insister sur la va-riété des approches disciplinaires également possibles : tous les domaines de la recherche ur-baine ont à voir avec les récits de ville : géographie, histoire, sociologie, mais aussi savoirs de l’architecture, de l’urbanisme ou de l’ingénierie… In fine, considérer le récit de ville comme instrument de transformation c’est poser la question de ce que les savoirs de l’urbain font « au » et « du » récit de ville. Le terme encore un peu confus de « diagnostic » témoigne d’une quête d’opérationnalité de l’histoire urbaine qui semble encore éloignée des pratiques d’une discipline qui privilégie la lente immersion dans les archives. Peut-on à travers la figure du récit et de ses mutations retrouver un usage social de l’histoire urbaine et des sciences humaines et sociales sur la ville ?

Calendrier de l’appel à communication

Diffusion de l’appel à communication en trois langues (français, espagnol et anglais) : 3 avril 2018 Date limite des propositions : 15 juin 2018 Réunion du comité d’organisation : 17 septembre 2018 (Valladolid) Retour des évaluations et renvoi d’acceptation aux auteurs : 15 octobre 2018 Dates du colloque : 6-7 juin 2019 (Paris / Ivry-sur-Seine)

Comité d’organisation : Emmanuel Bellanger, Florence Bourillon, María Castrillo Romón, Laurent Coudroy de Lille, Corinne Jaquand, Víctor Pérez Eguíluz, Javier Pérez Gil, Luis Santos Ganges, Loïc Vadelorge.

Comité scientifique :Alfonso Álvarez Mora, Gonzalo Andrés López, Jérôme Bazin, Emma-nuel Bellanger, Boris Bove, Catherine Brice, Adolfo Carrasco Martínez, Juan Luis de las Ri-vas, Sophie Didier, Luisa Durán Rocca, Cédric Fériel, Beatriz Fernández Águeda, Joaquín García Nistal, Josefina González Cubero, Agustín Hernández Aja, Marina Jiménez Jiménez, Vincent Lemire, Nathalie Lancret, Georges Lomné, Helena Maia, Xosé Lois Martínez Suarez, Virginie Mathé, Giuliano Milani, Nathalie Montel, Frédéric Moret, Clément Orillard, José Luis Oyón Bañales, Frédéric Pousin, Nathalie Roseau, Diane Roussel, Marcia Sant’Anna, Álvaro Sevilla Buitrago, Carlos Torres Tovar, Caroline Trotot, Francisco Valverde Díaz de León, Jen-nifer Vanz, Mireia Viladevall Guasch, Olatz Villanueva Zubizarreta y Charlotte Vorms.

Propositions de communication

Les propositions de communication attendues devront être écrites en français, espagnol ou anglais, et comporter un titre précis, une présentation d’une vingtaine de lignes minimum (750 à 1 000 signes, espaces compris). Elles seront accompagnées d’un court CV de l’auteur/auteure.

Elles seront envoyées à : recitsdeville@institutourbanistica.com avant le 15 juin 2018.