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Générique

Paola Bertilotti,
Sciences-po Paris

Laure Billon
centre d’histoire sociale
du XXesiècle

Françoise Blum (Ed.)
centre d’histoire sociale
du XXe siècle

Jean-Pierre Chrétien
centre d’études
sur les mondes africains

Catherine Coquio
université Paris VIII

Boris Boubacar Diop
écrivain

Émilie Martz Kuhn
université Laval
université Paris III

Claire Mouradian
centre d’études
des mondes russes et caucasiens

Nathan Réra
université de Provence
Aix-Marseille 1

Jean-Charles Szurek
institut des sciences sociales
du politique

Graphisme :
François-Jean Dazin

Conception technique :
Vincent Jamault

Cette exposition a été réalisée avec le soutien de l’université Paris1 et de la Fondation pour la mémoire de la Shoah.

Introduction

« Ils nous enlèveront jusqu’à notre nom : et si nous voulons le conserver, nous devrons trouver en nous la force nécessaire pour que derrière ce nom, quelque chose de nous, de ce que nous étions, subsiste »

Primo Levi

par Françoise Blum, centre d’histoire sociale du XXe siècle
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Le projet de cette exposition virtuelle est né après un voyage au Rwanda, en 2008, voyage dicté par une empathie difficile à expliquer à l’égard d’un pays martyr, où les traces du dernier génocide du XXe siècle sont encore brûlantes, où les rescapés coexistent avec leurs bourreaux. La visite des sites mémoriaux était le moindre des hommages à rendre aux centaines de milliers de victimes du génocide de 1994. Cette visite, comme l’écoute des dizaines de témoignages entendus de la part des rescapés a suscité, au-delà de l’immédiate émotion, bien des interrogations, peut-être nécessaires mises à distance. Les grands mémoriaux rwandais, Gizosi, Murambi, Nyamata et N’tarama, Bisesero, Nyarubuye ont chacun une place spécifique dans une partition mémorielle proposée par l’Etat rwandais. Chacun joue un rôle bien particulier. Gisozi est en quelque sorte une « vitrine internationale », avec une réflexion et une mise en perspective du génocide rwandais par rapport aux autres génocides et massacres ethniques du XXe siècle [Réra]. Bisesero est le mémorial de la résistance tutsie [Martz-Kuhn]. Murambi offre aux regards du visiteur les corps conservés avec de la chaux vive, dans une terrible nudité [Diop]. A Nyamata, ce sont les vêtements des victimes qui constituent le « spectacle » en un tableau très boltanskien [Blum]. Et enfin, à Nyarubuye, ce sont les objets utilisés par les tueurs [Réra]. Derrière cette mise en scène fragmentée, il y a eu de multiples négociations, avec les rescapés, avec les proches des victimes, avec l’Eglise, avec le processus de deuil d’un pays tout entier….La politique mémorielle elle-même a évolué de 1994 à nos jours, et les mémoriaux avec elle, et avec elle les pièces à conviction de ce gigantesque massacre de « proximité » qui a provoqué, dans l’indifférence quasi-générale de la communauté internationale, la mort en 3 mois de près d’1 million de personnes : pour reprendre le sinistre décompte de Jonathan Littell, 11 111 assassinés par jour, 463 par heure et 7, 70 par minute, et ce, non point dans les immenses territoires de "la Shoah par balles" mais dans un tout petit pays…
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