Voyages en URSS

Préparation au voyage

La délégation

 

Oreste ROSENFELD (1891-1964)

Né le 1er septembre 1891 à Astrakhan (Russie) ; mort le 4 avril 1964 à Paris (IVe arr.). Oreste Rosenfeld, fils d'un haut fonctionnaire tsariste d'opinions libérales, adhère à l'âge de 13 ans au Parti ouvrier social-démocrate de Russie et exerce comme avocat à Moscou. Arrêté, condamné à la déportation, il s'engage en 1914. Nommé attaché militaire à l'ambassade de Russie à Paris en 1917 par le gouvernement Kérensky, après la victoire bolcheviste, il entre dans la Légion étrangère et adhère à la SFIO.
Léon Blum le fait entrer au service de la politique étrangère du Populaire en 1927, puis, alors qu'il est devenu chef de gouvernement en 1936, il lui confie sa fonction de rédacteur en chef du journal. Mobilisé comme sous-lieutenant en 1939, il est fait prisonnier en 1940 et subit une longue captivité de cinq ans dans des Oflags et camp de représailles.
Après la Libération, Rosenfeld travaille au Populaire, puis devient rédacteur en chef de l'Agence européenne de presse en 1946. Pour celle-ci, il assiste à la conférence interalliée de Moscou en 1947, d'où il rapporte une série d'articles sur la situation en Russie soviétique. Les autorités soviétiques essaient de le retenir, mais la solidarité de ses confrères journalistes fait échouer la tentative.
Conseiller de l'Union française en 1947, fondateur pour la SFIO du Populaire Dimanche, Rosenfeld siège au comité directeur du Parti socialiste en 1948. En juin 1954, après avoir été "indiscipliné" sur la question de la Communauté européenne de défense à l'Assemblée de l'Union française, il se voit brutalement privé de la direction du Populaire dimanche, et n'est pas réélu au comité directeur, restant toutefois conseiller SFIO de l'Union française jusqu'en octobre 1958.
Après sa participation à la délégation socialiste à Moscou en 1956, hostile à la politique de Guy Mollet en Algérie, Rosenfeld s'engage dans les mouvements anticolonialistes, prônant la nécessité de reconnaître le "fait national algérien" et le "droit du peuple algérien à l'autodétermination". Il devient l'un des organisateurs des minoritaires socialistes et fonde le Comité socialiste d'Études et d'action pour la paix en Algérie et le journal La Tribune du Socialisme. Il est de ceux qui poussent à la scission de la SFIO en septembre 1958, secrétaire national adjoint du Parti socialiste autonome (PSA) au début 1959, il est l'un des rédacteurs de la Charte fondatrice du Parti socialiste unifié (PSU) en 1960.
OEUVRE : Pour ses articles, voir le archives de Rosenfeld déposées par son épouse en décembre 2004 au CARAN. Citons Le Plan quinquennal, examen critique. Préf. de Léon Blum. Annexe : Le Plan quinquennal et la social-démocratie par Th. Dan. Éditions du PS-SFIO, 1931. Extraits repris dans les Cahiers Léon Blum, n° 10, décembre 1981.

SOURCES : Notice du DBMOF de J.-L. Panné et J. Raymond. Témoignage de sa femme, M.-L. Rosenfeld, née Hermann.

Gilles Morin

et aussi...